Utilisation des équipements électroniques en avion: ça avance

Les procédures de sécurité interdisent l'utilisation de tout appareil électronique dans les phases de décollage et atterrissage

Les procédures de sécurité interdisent l’utilisation de tout appareil électronique dans les phases de décollage et atterrissage

Depuis toujours, l’utilisation des appareils électroniques est interdite dans les avions afin d’éviter toute perturbation. Cette interdiction remonte à une époque où les équipements du bord n’étaient pas durcis et pouvaient donc être sensibles à certaines ondes ou impulsions électromagnétiques. Par extension, chaque nouvelle génération d’appareil électronique a été interdite dans les avions : walk man, consoles de jeu, ordinateurs et téléphones portables, baladeurs MP3, smartphones…En 1984, afin d’éviter tout risque, les standards de résistance aux ondes pour les systèmes de bord ont été largement revus à la hausse. Mais ces nouvelles normes ne s’appliquant qu’aux nouveaux avions et le temps de faire disparaître tous les vieux équipements des cockpits, les règles d’interdiction ont été maintenues. Les mêmes précautions existent également dans les hôpitaux où les téléphones portables restant interdits dans de nombreux service.

Le briefing de sécurité dispensé au début de chaque vol a donc continué à jouer la carte de la précaution maximale, continuant à entretenir quelques inquiétudes : « Si mon voisin oublie d’éteindre son téléphone, y aura-t-il des conséquences fâcheuses ? » Évidemment non, et aucun accident ne peut être imputé à une telle situation malgré le nombre important de passagers n’appliquant pas la consigne.

Le temps passant, les systèmes de bord ont continué à s’améliorer et à être de plus en plus résistants aux ondes, et certains avions ont progressivement pu permettre l’utilisation des ordinateurs ou des baladeurs MP3 une fois arrivé à l’altitude de croisière. On assiste même aujourd’hui à la multiplication des offres de systèmes de connexion internet par wifi et même de réseaux téléphoniques classiques à bord.

Une dernière barrière vient d’être levée aux Etats-Unis cette semaine puisque la FAA (l’organisme chargé de la réglementation de l’aviation civile dans le pays) vient de publier une étude et des recommandations visant à autoriser l’utilisation de tous les appareils électroniques dans TOUTES les phases de vol. Smartphones, liseuses, ordinateurs portables et autres tablettes pourront être utilisés à tout moment, y compris pendant le roulage, le décollage et l’atterrissage. Les communications téléphoniques ne seront pas encore autorisées car cela dépend d’un autre organisme (la Commission Fédérale des Communications), mais cette nouvelle avancée devrait vous rassurer. C’est maintenant définitivement officiel : plus besoin d’égorger votre voisin s’il écoute son baladeur au moment du décollage !

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Mise à jour 14/11 : Les mêmes dispositions vont certainement être adoptées en Europe. Vous pourrez bientôt écouter vos MP3 de relaxation y compris au décollage    😉

À propos de Xavier Tytelman

Ancien aviateur militaire aujourd'hui consultant sur les questions aéronautiques. Responsable et formateur au Centre de Traitement de la Peur de l'Avion (www.peuravion.fr). Tel : +33667484745
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5 réponses à Utilisation des équipements électroniques en avion: ça avance

  1. Pepito dit :

    Merci pour cet article très rassurant ! il me reste 100 000 questions !!

  2. Arbin dit :

    Un veritable travail d orfevre, merci pour ce bon plaisir.

  3. Ping : Une application pour smartphones contre la peur de l’avion | Sécurité aérienne et peur en avion

  4. Catherine dit :

    Bonjour Xavier, depuis ce matin je dévore le site, engloutissant toutes les infos rassurantes que vous donnez. J’ai vu et revu la vidéo sur l’atterrissage avec le vent. Cela commence à gommer un peu ma peur irrépressible de voyager en avion. En fait, si l’avion pouvait rester au sol, mon problème serait résolu 🙂 Je sais, c’est crétin ce que j’écris mais je suis sure que je ne suis pas la seule à y avoir pensé.
    J’ai téléchargé l’application Skyguru car je trouve cela génial de suivre tout ce qui se passe pendant le vol et peut-être rassurant (il faut que je prenne l’avion pour le savoir). Je sais qu’on ne risque rien avec les turbulences, mais dès que j’y suis confrontée, c’est la terreur. (mon dernier voyage à Venise). Parfois aussi l’attitude du personnel navigant ne me rassure pas du tout (mon dernier vol vers Montréal) Avec leur expérience ils devraient tout mettre en oeuvre pour rassurer et non pas avoir un visage fermé, cloués sur leur siège. Pour moi, rien de pire. Bref, je me punie car je ne prends plus l’avion et ne peux aller au Canada, pays que j’aime tant. J’envisage de faire le stage, mais c’est un peu cher pour moi et je ne suis pas convaincue du résultat sachant que ce n’est pas « pour de vrai ».
    Ma question : En cas de malaise d’un passager, est ce que le personnel navigant est formé pour les premiers secours ? ou bien on demande « Y a t-il un médecin dans l’avion » ? 😉

    • Heureux de savoir que le site vous a plu, vous devriez lire le livre alors 😉
      Pour le simulateur utilisé dans le stage, ce n’est qu’une partie d’un tout plus complet (techniques cognitives et de gestion de l’anxiété, réponses techniques).
      En fait il faut bien comprendre que le cerveau n’est pas convaincu de la même manière par une information selon comment il la perçoit. L’écrit est moins fort que l’oral, qui est moins fort que le visuel. Savoir qu’un avion plane c’est bien, mais couper les moteurs du simulateur pour montrer réellement que l’on plane c’est vraiment ce qui est le plus fort. Par ailleurs, les réponses touchent votre cerveau rationnel alors que le visuel touche le cerveau des émotions, c’est une expérience et pas simplement des connaissances. De la même manière qu’un film d’horreur peut vous faire peur alors qu’il ne s’agit que d’un écran, le simulateur dans le cadre d’un stage peut marquer le cerveau des émotions de manière positive : c’est ça qui va compenser votre passif négatif avec l’avion 🙂
      Pour votre question : oui les PNC sont formés aux techniques médicales de base, il y a à bord une trousse médicale d’urgence avec de quoi répondre aux besoins vitaux, ainsi qu’un défibrillateur cardiaque. Néanmoins, s’il y a un professionnel de santé à bord c’est toujours mieux qu’une hôtesse même formée aux premiers secours et on appelle donc parmi les passagers… et il y a quelqu’un qui lève la main dans plus de 95% des cas 🙂

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