Bientôt la fin des « trous d’air » ?

L'Airbus A340 équipé de son capteur de turbulences

L’Airbus A340 équipé de son capteur de turbulences

Les trous d’air n’existent pas, je le répète à chaque stage contre la peur de l’avion. Il n’y a pas de trou dans l’air comme il n’existent pas de trou dans l’eau, les turbulences que l’on ressent ne sont que des vents qui montent ou qui descendent, entrainant l’avion vers le haut ou vers le bas. Rien de dangereux pour les appareils modernes, mais la turbulence reste un inconfort pour les passagers et un moment de frayeur pour tous ceux qui ont peur en avion. Une bonne nouvelle dans les deux cas : des scientifiques d’EADS Innovation Works, le centre de recherche de la maison-mère d’Airbus, testent en ce moment un système permettant de détecter des turbulences avant que l’avion ne les traverse. Le principe est simple : un laser de télédétection de type LIDAR est émis devant l’avion, et la manière dont les molécules de l’air comme l’azote et l’oxygène dispersent ce rayon permet alors de déterminer quels sont les mouvements de l’atmosphère jusqu’à 200m de distance, soit une petite seconde de préavis.

Le système de pilotage automatique de l’appareil intègre ensuite ces données pour compenser systématiquement tout mouvement d’air et le rendre imperceptible par les passagers. Le système est déjà en phase de test sur un Airbus A340 d’EADS et donne apparemment de bons résultats.

LIDAR A340

Le capteur de turbulences installé sous le nez de l’A340

Outre le gain de confort évident que ce système procurera aux passagers, trois autres avantages sont attendus :
– une réduction de la fatigue de la structure des appareils qui subiraient moins de vibration,
– une possibilité de rapprocher les avions lors des phases d’atterrissage au cours desquels ils sont espacés de deux minutes, le temps que les turbulences de sillage qu’ils génèrent se dissipent,
– une amélioration de la sécurité aérienne est également attendue : le LIDAR représente un nouveau capteur qui pourrait réaliser des mesures et déterminer valider les paramètres mécaniques comme la vitesse de l’avion dans l’air. Plus il y a de capteurs pour vérifier une même donnée, moins il y a de chance qu’ils tombent tous en panne. Une bonne nouvelle donc !

Reste maintenant à miniaturiser le système et à l’intégrer sur des avions de lignes en circulation, ce qui devrait encore prendre … une petite dizaine d’année. Désolé pour les plus pressés d’entre vous !

À propos de Xavier Tytelman

Ancien aviateur militaire aujourd'hui consultant sur les questions aéronautiques. Responsable et formateur au Centre de Traitement de la Peur de l'Avion (www.peuravion.fr). Tel : +33667484745
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