Comment surmonter sa peur de l’avion après une catastrophe aérienne ?

peur avionQuelles que soient les statistiques de la sécurité aérienne et nos connaissances techniques sur le fonctionnement et la fiabilité des avions : chaque accident aérien inhibe notre raisonnement logique et notre esprit cartésien, laissant la peur de l’avion reprendre le dessus… Dans toute situation, trois facteurs peuvent donner à notre cerveau une impression de confiance :
– une sécurité totale,
– la possibilité de pouvoir s’échapper,
– l’impression de maîtriser la situation.
Il suffit que l’un de ces trois critères soit rempli et le cerveau est rassuré, c’est ce qui explique que l’on puisse être plus confiant en voiture qu’en avion malgré des statistiques moins favorables. Un incident semble moins définitif sur la route puisqu’on imagine une porte de sortie, et l’on se trouve aux commandes, ou au moins à côté de celui qui commande…

Qu’en est-il de l’avion ? Le besoin de contrôle ou la capacité de s’échapper ne sont jamais comblés, mais en plus les événements aériens réduisent à néant notre sentiment de sécurité. Rappelons également que c’est la rareté des événements aéronautiques qui permet aux médias de tous les notifier, renforçant l’impression fausse que des drames sont fréquents (voir à ce sujet l’article de Xavier « Série noire dans les transports : comment l’instrumentalisation médiatique d’événements dramatiques mais isolés brouille notre perception du risque« ). Il faut donc trouver des réponses, mais pas seulement. Si les simples connaissances pouvaient soigner la peur de l’avion, alors tout le monde serait soigné par les simples statistiques…

Même si les réponses techniques sont absolument primordiales pour surmonter sa peur, elles ne sont malheureusement pas suffisantes : il faut aussi faire en sorte que les bonnes informations prennent le dessus sur les pensées négatives provoquées par les crashs, par les films catastrophes ou par les reconstitutions d’accident (par ailleurs souvent anxiogènes pour faire un meilleur effet). Pour schématiser, lorsque vous regardez un crash vous alimentez votre cerveau des émotions et celui-ci prendra le dessus sur votre cortex lorsque vous serez confronté à l’avion, même si vous savez rationnellement que cet accident n’est plus possible ou que l’avion est le moyen de transport le plus fiable existant. Il faut donc apaiser le cerveau des émotions tout en rallumant le cortex…

Ce double travail peut être réalisé par un(e) psychologue formé aux TCC (thérapies comportementales et cognitives) et passe entre autre par des exercices de respiration comme la cohérence cardiaque. Pour une première approche autonome, vous pouvez vous entraîner avec cet exercice de Symbiofi, le logiciel développé en partenariat avec le CHU de Lille et dont nous utilisons la version avec capteur cardiaque dans les stages contre la peur de l’avion :

Avec de l’entraînement, cet exercice vous permettra d’apaiser le cerveau des émotions, mais également d’éviter les symptômes de l’anxiété comme les crises de panique.

Une fois le cerveau des émotions apaisé, il faut trouver les réponses à toutes ses craintes (turbulences, orages, crashs…) puis faire en sorte que ces informations prennent le dessus sur les idées catastrophe appelées pensées dysfonctionnelles. Ce travail est absolument INDISPENSABLE et doit être réalisé par un(e) psychologue formé aux thérapies comportementales et cognitives, le type de thérapie recommandé à la fois par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) pour traiter les phobies.

L’utilisation du simulateur de vol dans le le cadre des stages permet ensuite de « parler » directement à votre cerveau des émotions puisqu’il s’agit d’une information visuelle. Cela constitue donc une étape complémentaire (après l’apaisement du cerveau des émotions, le « rallumage » du cortex et les explications rationnelles, cet ordre est important !) ainsi qu’une exposition positive avant de repartir sur un vol réel. Des stages sont organisés avec des simulateurs de vol à Paris, Marseille, à Béziers ainsi qu’en Belgique à Charleroi (informations www.peuravion.fr).

Pour conclure, lorsque des événements aéronautiques malheureux surviennent, la première chose à faire est donc de se détacher de l’aspect émotionnel véhiculé par les médias. Si vous cherchez des informations, débranchez donc votre téléviseur tout en restant persuadé d’une chose : tout le monde, des pilotes jusqu’aux ingénieurs travaillant chez Airbus, fera le nécessaire pour que les voyages en avion soient toujours plus fiables. Dans quelques semaines, une fois la pression retombée, revenez sur ce blog pour y trouver les réponses appropriées, vous pouvez être sur qu’elles seront rassurantes.

À propos de Velina

Velina Negovanska, Psychologue Clinicienne, Docteur en Psychologie spécialisée dans le traitement des phobies et la gestion de l'anxiété. Formée aux thérapies cognitivo-comportementales à l'Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive, ainsi qu'à la cohérence cardiaque. Psychologue référent du Centre de Traitement de la Peur de l'Avion, Mail : psychologue[at]peuravion.fr
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2 réponses à Comment surmonter sa peur de l’avion après une catastrophe aérienne ?

  1. Jérome D. dit :

    Bonjour, j’ai toujours voyagé, mais avec le temps cela devient de plus en plus dur alors que je n’ai personnellement jamais rien vécu de particulièrement marquant… Je suis un scientifique, quelqu’un de rationnel et j’ai vraiment du mal à comprendre. J’ai tenté l’hypnose pour me soigner sans aucun résultat malgré 6 séances et 400€ gaspillés, et je me retrouve tout à fait dans vos propos. Je pense donc que le stage dont vous parlez sera plus approprié, où peut-on s’inscrire ?

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