Pourquoi le bruit des moteurs varie-t-il en vol ?

Le bruit des moteurs, source d'inquiétude pour les passagers

Le bruit des moteurs est une forte source d’inquiétude pour les passagers

Dans les stages contre la peur de l’avion, une inquiétude revient souvent : au cours d’un vol long courrier, lors ligne droite au dessus d’un océan par exemple et alors qu’il ne semble rien se passer, il arrive que l’on entende un changement de bruit venant des moteurs… inquiétant ? le signe d’un crash annoncé ? Évidemment non !

Avant de partir, les pilotes définissent un plan de vol qui comprend la trajectoire ainsi que les altitudes de vol. Pour définir ces éléments, ils prennent en compte différents éléments, comme la météo sur le parcours, l’éventuelle fermeture de certains espaces aériens (on ne survole pas toujours l’Afghanistan comme on veut !), les données techniques de l’avion, ses performances, son poids… Bref, beaucoup de paramètres. Mais au cours d’un voyage, l’avion peut s’adapter. Virages, changement d’altitude ou de vitesse, de nombreux cas sont possibles.

1) Pourquoi des virages

L’avion ne peut malheureusement pas suivre une ligne droite sur tout son trajet. Après le décollage, il s’oriente vers sa destination. Une fois monté, il doit respect le contrôle aérien qui va l’obliger a survoler certains points. Le chemin n’est donc pas toujours exactement le plus court, mais le niveau de sécurité est alors optimisé. De même, sur sa trajectoire, les pilotes peuvent rencontrer des nuages qu’ils devront éviter.

2)Pourquoi changer d’altitude ?

Au cours du vol, le pilote va rencontrer différents phénomènes météorologiques. Certains vents situés en altitude appelés les jet stream peuvent ainsi faire gagner du temps à l’avion, et nécessitent que l’avion y monte. A l’inverse, si une altitude est particulièrement turbulente, le pilote va monter ou descendre afin de changer de niveau et se placer dans une zone plus calme pour le confort des passagers.

Une dernière chose : au cours du trajet, au fur et à mesure que l’avion consomme son carburant, il devient de plus en plus léger. Et plus un avion est léger, plus il devient avantageux de voler haut, ce qui permet de consommer moins d’essence. Il existe des tables de consommation très précises que les pilotes suivent pour optimiser leur altitude de vol en fonction de leur poids et du plafond. Par exemple, le pilote va se mettre à l’altitude où il va pouvoir parcourir 44 milles nautiques pour 1000 kg consommés, plutôt que l’altitude où il ne fera que 41 milles pour 1000 kg consommés. Cette optimisation de l’altitude de vol permet de faire de grosses économies de carburant.

En tant que passager, vous n’avez qu’une chose à faire, vous relaxer. Laissez les pilotes à leurs savants calcules et ne vous inquiétez pas : il sont très forts pour cela et sont assistés par des ordinateurs.

3) Et donc, pourquoi ces changements de régime moteur ?

Les différentes montées et descentes données en exemple ne sont pas toujours ressenties par les passagers. A l’inverse, le changement de régime des moteurs peut faire un bruit qui sera entendu. De même, les contrôleurs aériens peuvent demander au pilote d’accélérer ou de ralentir en fonction des besoins du trafic.

A chaque fois, ces modifications d’altitude et de vitesse peuvent être imperceptibles du point de vue des sensations physiques, mais le bruit est bien différent et va inquiéter les plus attentifs d’entre vous. Souvenez-vous bien de ces lignes, lors de votre prochain voyage, elles pourront peut-être vous rassurer !

– Explications extraites du stage contre la peur de l’avion du Centre de Traitement de la Peur de l’Avion

À propos de Xavier Tytelman

Ancien aviateur militaire aujourd'hui consultant sur les questions aéronautiques. Responsable et formateur au Centre de Traitement de la Peur de l'Avion (www.peuravion.fr). Tel : +33667484745
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6 réponses à Pourquoi le bruit des moteurs varie-t-il en vol ?

  1. GROSBOIS Anny dit :

    merci Xavier, pour cet article encore bien explicatif… j’ai repris 4 fois l’avion ces derniers 15 jours ,et depuis mon stage du 28 juillet dans vos locaux… j’ai su appliquer des exercices de relaxation qui ont fait que mes vols se sont déroulés d’une toute autre façon… pas de panique…plus de décontraction…rien à voir… je me suis juste encore posé, à un moment, la question du bruit … cet article me remet les idées en place…. bientôt un grand voyage en Argentine avec des vols intérieurs et internationaux… Je me prépare en relisant toutes mes notes et en m’exerçant sur des petits vols… MERCI encore et amicalement à toute l’équipe. Anny

    • Xavier dit :

      Bonjour Anny et merci pour ces nouvelles 🙂
      Je n’ai aucune inquiétude pour votre prochain voyage : les choses s’améliorent d’autant plus vite que vous volerez régulièrement. Les vols plus long sont par ailleurs ceux au cours desquels on a plus de temps pour appliquer les techniques que nous vous avons montrées. N’hésitez pas à nous rappeler avant votre voyage pour la météo des turbulences et encore quelques conseils !
      Xavier

  2. Palobart dit :

    Bonjour,
    Quelque chose me tracace énormément en avion. C’est la baisse du régime et du bruit des moteurs soudains, avec l’impression que l’avion ralentit voire décroche brutalement . Ceci est extrêmement angoissant en vol de croisière mais encore pire quand cela survient, et ce n’est pas rare, quelques instants après le décollage.
    Si quelqu’un pouvait m’expliquer clairement ce qui se passe et pourquoi l’on ressent ses sensations désagréables, je vous serais très redevable, car c’est ma crainte principale et ce qui gâche tous mes vols!
    Merci

    • Bonjour, alors vous décrivez une situation tout à fait normale 🙂
      Quand on décolle, la puissance de l’avion est forte, par exemple 93% de puissance, et l’on décolle par exemple avec un angle de décollage de 15 degrés. A cette puissance l’avion est très bruyant, et plus on est haut plus le nombre de personnes gênées va être élevé. Arrivé à 1500 pieds (~500m), les pilotes réduisent donc légèrement la puissance moteur par exemple à 90% (c’est ce qui vous donne l’impression que les moteurs sont coupés) et l’avion change d’angle par exemple à seulement 12 degrés (et cela donne une sensation de chute qui n’existe pas). Cette sensation de flottement / chute qui n’existe pas peut aussi être vécu en voiture quand vous arrivez en haut d’une colline : la voiture ne tombe pas mais on ressent une sorte de flottement ou de chute. Retenez une chose : votre corps vous ment et même si on a une sensation de chute on ne descends pas d’un centimètre 🙂
      Il s’agit là d’un des éléments principaux de la peur de l’avion !

      • Cédric dit :

        Merci !
        Et lorsque ceci arrive à altitude de croisière, au beau milieu du vol, tout se passe normalement et soudain les bruits moteurs diminuent nettement ( on a l’impression que les réacteurs s’éteignent en fait), c’est dû à quoi?
        C’est vraiment une source de stress pour moi, et je crois, pour pas mal d’autres passagers.
        Merci!

      • Certainement un simple changement d’altitude, par exemple pour descendre sous une zone de turbulence annoncée par un avion avant nous ou profiter d’un courant d’air favorable… en tous cas il est normal que l’on fasse évoluer le régime moteur pour s’adapter à la situation.

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